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Mélodie au crépuscule – Renaud Dillies

Mélodie au Crépuscule - Dillies02

« J’étais lié à trop de choses encore… De ces chaînes que nous impose si souvent la vie… »

Encore un mercredi placé sous le signe de Renaud Dillies qui, soit dit en passant, doit être l’un des seuls à ne pas encore savoir tout l’amour que je (lui?) porte à son travail ! Alors que j’achève Mélodie au crépuscule, je me dis que je n’envie définitivement pas le jour où j’aurai fini de découvrir les œuvres de cet illustrateur que j’aime tant, et où je serai contrainte de me calquer sur le rythme de ses nouvelles sorties et d’attendre patiemment. Mais ce jour n’est pas encore venu et aujourd’hui je continue de distiller petit à petit la beauté de ses illustrations, et la magie de ses scénarios, dans mon quotidien.

Alors qu’il est en train de s’enliser dans un quotidien monotone et morose à souhait, exerçant chaque jour un métier qui ne donne pas libre cours à sa créativité et s’éprenant d’une belle plus infidèle qu’amoureuse, l’échassier Scipion Nisimov croise la route du chat Tchavolo, un musicien tzigane qui va bouleverser sa vie et lui (re)donner le goût de la musique et de la liberté…

Mélodie_1

Ce qui me bouleverse tant avec les œuvres de Renaud Dillies c’est cette impression étrange, mais persistante, que dans chacune des histoires qu’il conte aux lecteurs, l’auteur offre avec modestie et pudeur un peu de lui-même. Une fois de plus, face à Mélodie au crépuscule, j’ai cette sensation singulière de pénétrer autant dans l’intimité d’un homme que dans la fiction qu’il scénarise et illustre.

Dans ce style, ô combien reconnaissable, qui est le sien, Renaud Dillies nous livre une fois de plus un récit poignant duquel on ne sort, encore une fois, pas tout à fait indemne. Comme dans Betty Blues il sera question d’une rupture délicate et du pouvoir de la musique sur nos âmes, comme dans Abélard il sera question d’une jolie rencontre et de prendre la route… Mais si les thèmes chers à l’auteur sont une fois de plus présents ici, il n’est pourtant jamais question de redite dans ses travaux. Mélodie au crépuscule possède une identité, une liberté et une sensibilité qui lui sont propres et transportent le lecteur dans un univers onirique fait de tendres chimères. Attention, cette oeuvre là est atypique, elle ne fait pas que se lire, elle s’écoute aussi tant son atmosphère est imprégnée de la musique de Django Reinhardt et elle se contemple comme certains des meilleurs films d’Emir Kusturica.

Une nouvelle fois, le talent de Renaud Dillies me terrasse. Du coup de crayon, à la colorisation, en passant par les émotions qu’il insuffle à la narration, tout me plaît dans Mélodie au crépuscule. Et une chose est sûre, à chaque découverte, à chaque nouvelle lecture et à chaque relecture, c’est moi qui laisse une part de moi-même dans ces bandes-dessinées là…

« Le reste… De petits bateaux en papier… Une mélodie au crépuscule… »

topbd_2013

20/20 pour le top de Yaneck

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8 réflexions sur “Mélodie au crépuscule – Renaud Dillies

    • J’ai une grande difficulté à les classer, tant à chaque lecture d’un Dillies j’ai l’impression d’être face à l’un de mes préférés. Betty Blues m’avaient anéantie, celui ci me terrasse… Que faire ? 🙂

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