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Hôtel Iris – Yôko Ogawa

Hôtel Iris - Yôko Ogawa

« C’est cela qui me fait peur. Plus mes sentiments envers toi sont forts, plus je m’angoisse. Plus je souffre de me torturer avec des hypothèses sans fondement, plus je m’abandonne à la profonde joie de t’aimer. »

Depuis le début de l’année se tient, sur le blog d’Adalana, le Challenge Écrivains japonais 2013. C’est avec beaucoup de regrets si je n’ai participé ni en janvier, ni en février. Mais le mois de mars mettait à l’honneur une auteure que j’avais très envie de découvrir : Yôko Ogawa. C’est sur les conseils de mon ami spécialiste du genre si j’ai choisi de me pencher sur Hôtel Iris.

Mari est une jeune adolescente, déscolarisée, elle s’occupe avec sa mère de ce qu’il reste de l’hôtel familial. La femme de ménage et les quelques clients occasionnels sont le seul contact qu’elle entretient avec le monde extérieur. Un soir, alors qu’elle est seule à la réception, des éclats de voix viennent troubler le calme de l’hôtel. Mari va alors faire la connaissance d’un troublant client, un traducteur de russe de quarante ans son aîné à qui elle va vouer une fascination malsaine, se soumettre et sacrifier son innocence.

Yôko Ogawa met les mots sur ce qui fascine et dérange, le besoin de l’autre qui devient manque viscéral, la soumission absolue à l’être aimé, la recherche du plaisir par la douleur et le désir de mort. En se plaçant du point de vue de Mari, elle captive le lecteur par son style à la fois naïf et candide qui entre en totale contradiction avec les envies de son personnage féminin.

Hôtel Iris m’a laissé un sentiment étrange. A chaque page je me suis sentie habitée un peu plus par le malaise qui se dégage du récit, cependant il m’était impossible de refermer le livre. Yôko Ogawa réussit l’exploit d’accrocher le lecteur, de le happer et de l’emmener avec elle aux confins de sujets qui ne peuvent que le troubler, et d’une lecture dont il ne ressortira pas indemne.

Un grand merci à la charmante Adalana de proposer ce challenge à la blogosphère. Et si je ne trouve pas le temps de me consacrer à la littérature japonaise avant ça, rendez-vous au mois de mai pour une lecture de Ryū Murakami, un auteur que j’affectionne tout particulièrement.

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4 réflexions sur “Hôtel Iris – Yôko Ogawa

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