Mon Coin Cinéma

Drive – Nicolas Winding Refn

« If I drive for you, you give me a time and a place. I give you a five-minute window, anything happens in that five minutes and I’m yours no matter what. I don’t sit in while you’re running it down ; I don’t carry a gun… I drive. »

Dos au spectateur, un homme fait face à la ville crépusculaire, machinalement il récite son monologue. Un plan, quelques phrases et Nicolas Winding Refn vient d’installer son ambiance, de faire naître son héros. Anonyme et silencieux, on ne le connaîtra que sous le nom de The Driver.

Malgré tout ce que son titre peut laisser entendre, Drive n’est pas le film que l’on croit. Courses poursuites en voitures et règlements de comptes mafieux sont certes présents mais servent surtout de prétextes au réalisateur pour nous offrir une histoire d’amour sensible sur fond de polar urbain.

Avec son imagerie visuelle mais aussi sonore, qui n’est pas sans rappeler les années 1980 et le cinéma de Michael Mann, Nicolas Winding Refn sublime la ville de Los Angeles. Il dépasse les références dont il s’inspire pour instaurer une atmosphère bien personnelle, un mélange électrique et poétique.

La minutie de la mise en scène, le montage atypique ainsi que le travail sur les couleurs et les jeux de lumières, peuvent donner à Drive un aspect clinique mais qui vient très justement renforcer ce sentiment de pudeur exquise qui émane du film et des personnages qui l’habitent.

Et pourtant Drive sait conjuguer la retenue dans les moments de tendresse et les explosions de violence sans concession. Tantôt l’émotion nous submerge, tantôt le sang se glace dans nos veines. Et la représentation même de cette dualité est incarnée dans The Driver. Héros mystérieux, mutique et solitaire qui s’enfonce dans la nuit et descend jusqu’aux Enfers pour celle qu’il aime. Et s’il fait l’économie des mots et des gestes, il propage néanmoins ses émotions dans chacun de ses silences, de ses regards et ça fait mouche.

Ryan Gosling, sublimé par le regard de Nicolas Winding Refn, est évidemment l’âme et le cœur de Drive. Bourré de charisme, de charme et de talent, il nous rappelle qu’il est juste l’un des meilleurs acteurs de sa génération. Et il est soutenu par un casting somptueux, Carey Mulligan, Ron Perlman, Bryan Cranston, Albert Brooks ou encore Christina Hendricks, tous aussi brillants les uns que les autres dans des rôles où on ne les attend pas forcément.

Après Valhalla Rising où il révolutionnait les codes du film de viking, Nicolas Winding Refn réinvente avec Drive le thriller urbain et réactualise par la même occasion la notion de western. Et plus que ça, il donne à l’émotion une nouvelle dimension par le biais de son histoire d’amour pudique, à la poésie électrique. Avec son dernier film Nicolas Winding Refn confirme qu’il est le cinéaste dont je me sens le plus proche aujourd’hui. Je me retrouve dans sa sensibilité, son sens de l’esthétique m’émerveille, ses choix de mise en scène m’interpellent, ses personnages me bouleversent… Et avec Drive il me rappelle plus que jamais ce que j’aime tant dans le cinéma. Merci Monsieur !

7 réflexions sur “Drive – Nicolas Winding Refn

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s